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07.06.2007

HOMMAGE A CLAUDE TARDITS LE 28.05.07 A PARIS 

- Le Rapport du Comité d´organisation
- Le Message du Sultan Roi des Bamoun
- Le Message de condoléances de l´Ambassadeur du Cameroun en Francee
- En mémoire à Claude Tardits (192162007)par Philippe LABURTHE-TOLRA président de la Société des Africanistes
- Témoignage de Claude Hélène PERROT
- Message de clôture Par Roger MBOMIKO


Comité d’organisation
Hommage à Claude TARDITS


Rapport


La Communauté Bamoun de France à rendu un hommage appuyé, vif, solennel et émouvant à Claude TARDITS, anthropologue français décédé le 1er mai dernier, auteur renommé de la thèse le ROYAUME BAMOUM publiée en 1980.

En effet, sous le Haut patronage de Sa Majesté le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, Roi des Bamoun, une cérémonie d’hommage à été organisée, le lundi 28 Mai 2007, entre 18 h 30 et 21 h au Musée DAPPER, en partenariat avec la Société des Africanistes. Ce haut-lieu de l’art africain, musée de réputation mondiale, structuré avec la collaboration du regretté, a abrité un moment mémorable de recueillement, d’émotion, d’ode à la carrière scientifique et de reconnaissance incontestable du parcours riche et éclectique du défunt, grand ami des Bamoun.

Des invités triés sur le volet ont témoigné de la richesse de cette trajectoire : représentants des Ambassadeurs du Cameroun et du Bénin, du Président du Musée du quai Branly, Directeurs et doyens de prestigieux instituts et centres de recherche : Doyen de la 5e Section de l’Ecole Pratique des Hautes études ; Représentant du Collège de France ; Directeur du Centre d’études africaines de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Directeur du Laboratoire d’ethnologie de l’Université de Paris V, sans oublier des personnalités scientifiques de haut rang, Philippe Laburthe Tolra, anthropologue, spécialiste des Beti, Claude Héléne Perrot, Margurite Dupire, entre autres. La communauté camerounaise, représentée entre autres par Madame le 1er Vice Consul du Cameroun à Paris, des chefs de famille Bamiléké de France, des historiens et scientifiques et la communauté Bamoun

Intervenant après la diffusion d’un film sur le Royaume Bamoun, réalisé en 1985 à Foumban avec la collaboration de Claude TARDITS, de nombreux orateurs ont diversement rendu hommage au disparu :

Le Roi des Bamoun par la voie de son représentant, le Chef de la Communauté Bamoun de France, a salué un héros du peuple Bamoun, scientifique dont la rigueur et la distance méthodique n’a guère entaché l’immersion dans la quotidien du peuple et l’attention de tous les instants à ses interlocuteurs, contemporains du Roi Njoya. Il a également évoqué la fascination exercée sur le défunt par les qualités artistiques prodigieuses d’Ibrahim Njoya, calligraphe, dessinateur et peintre de réputation mondiale, à qui il a consacré de nombreux articles, sans omettre le travail fondateur sur la valeur et la portée de l’ art , dont le dernier ouvrage, L’histoire singulière de l’art Bamoun, amplifie l’importance.

L’Ambassadeur du Cameroun en France, par le truchement du Conseiller Culturel délivrant son message, a présenté à la famille les condoléances de la communauté scientifique et universitaire camerounaise dont Claude Tardits par le travail pionnier mené à l’Université fédérale du Cameroun au début des années à contribué à la formation. Il a regretté la disparition d’un ami de la culture, de la science, militant de l’ouverture et du dialogue des cultures dont les recherches enrichissent significativement les travaux des étudiants et nourrissent les investigations des historiens, spécialistes du Cameroun pré- colonial

Ses collègues, Philippe Laburthe Tolra, Claude Hélène Perrot, Jean Pierre Warnier, Philippe Hoffmann, ont retracé de façon complémentaire son parcours exceptionnel : héros de la seconde guerre mondiale, au terme de laquelle il a été distingué de la Croix de Guerre, sans oublier La Légion d’Honneur ; pionnier des recherches pragmatiques dont l’une des illustrations est la contribution dans l’ex Dahomey (Bénin actuel) à la résolution des questions foncières par l’étude des structures sociales ; grand spécialiste de l’Ouest Cameroun, des Bamoun notamment, il a concilié les méthodes de la recherche historique aux théories et dispositifs de l’anthropologie en découvrant le caractère politique et étatique des systèmes lignagers ; l’homme de méthode, chercheur acharné et découvreur de champs théoriques nouveaux à particulièrement été salué.

Un groupe de danse Bamiléké à ponctué les interventions d’une musique funèbre , dansée spontanément par les invités de la communauté camerounaise esquissant les pas funèbres.

La famille du défunt, représentée par ses deux fils, Manuel et Alain Tardits au moment de recevoir un tableau offert en la mémoire de leur père, par la voix de Manuel a remercié les orateurs et la Communauté Bamoun pour cette soirée « particulièrement » émouvante.

Marc Mongbet Lamaré d’abord et Roger Mbomiko enfin ont clôturé les interventions en saluant de façon lyrique et émouvante pour l’un, synthétique pour l’autre la prodigieuse « épopée » TARDITS.

Abdelaziz Moundé, présentateur de la cérémonie, en remerciant l’ensemble des invités, à garanti aux collègues de Claude Tardits, à sa famille et à tous les admirateurs de son œuvre, une attention systématique et un intérêt soutenu afin que des rééditions et une meilleure valorisation et vulgarisation des travaux majeurs soient effectives

Un verre d’amitié a été offert au terme de la cérémonie.

Présents en matinée, lors de l’inhumation au cimetière nouveau de Boulogne en région parisienne, comme en soirée, la Communauté Bamoun par sa mobilisation a démontré un réel intérêt pour la symbolique que représente Claude TARDITS.

La préparation de la cérémonie, sous la houlette d’un Comité d’organisation, comprenant notamment le Chef de la Communauté Bamoun, Nafon Njoya, Abdelaziz Moundé, Roger Mbomiko, soutenu par quelques personnalités et responsables communautaires, s’est évertué à convaincre de l’intérêt de la cérémonie d’hommage, et à inciter à la participation financière aux frais.

Malgré quelques incompréhensions, des problèmes de coordination, des réticences remarquées à contribuer financièrement, l’énergie, la volonté et la détermination ont triomphé de manière à privilégier l’essentiel, c’est à dire la tenue effective de la soirée.

Expérience participative, des initiatives de cette nature sont à renouveler, en mettant l’accent sur le consensus autour de questions essentielles, en privilégiant l’intérêt général, en faisant confiance et appel aux compétences des membres de la communauté et surtout en structurant davantage les comités d’organisation sur un mode paritaire.


Le Rapporteur

Abdelaziz MOUNDE NJIMBAM


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Comité d’organisation
Hommage à Claude TARDITS

Message du Sultan-Roi des Bamoun


Claude Tardits s’en est allé. Son extraordinaire aventure humaine, scientifique, culturelle et pratique, tant admirée, appréciée au delà des frontières de la France, sa terre natale, de son pays basque originel, du pays Bamoun, des terres de l’Ouest Cameroun et du Bénin, lieux de prédilection de ses recherches ethnologiques, s’achève.

Moment de compassion, la disparition de Claude Tardits ne laisse personne parmi ceux qui ont côtoyé le personnage indifférent à son profond humanisme, son sens de valeurs et son ouverture d’esprit. L’ayant longtemps fréquenté dès les premières heures de son séjour à Foumban après une expérience scientifique abrégée par les troubles politiques en pays Bamiléké, j’ai pu, à l’instar de mon défunt père, sa majesté Njimoluh Seidou, grand ami du regretté, témoigner de la chaleur, de la convivialité et de l’extrême attention aux autres de celui qui allait devenir l’un des nôtres. Fils des Bamoun, notable, ami de ce peuple, ami du Cameroun, dont il a contribué par ses enseignements à l’Université fédérale du Cameroun, à poser les fondements de notre système universitaire.

Moment de recueillement, le décès de Claude Tardits, par la profondeur de la réflexion qu’elle suscite, revêt à mon sens de multiples dimensions dont les moins importantes ne sont pas les volets symbolique, politique, culturel, et scientifique Symbolique, d’abord par l’extraordinaire capacité d’adaptation dont il a fait preuve, traduite par une ouverture remarquable aux us et coutumes, aux modes de vie et aux représentations du pays Bamoun. Pratiquant la langue, condition dirimante à ses yeux pour l’immersion dans la culture et l’appréhension optimale des fondements, structures et significations de la civilisation locale, il a incarné une forme d’échange culturel, de métissage, jetant les prémisses de ce que Senghor à appelé le rendez-vous du donner et du recevoir.

Son obsession de la maîtrise des subtilités de la langue, son acharnement à percer les mystères de la dénomination des institutions et à décrypter les idiomes ont nimbé son œuvre, ses travaux de traduction débarrassées des facilités de la traduction littérale et densifiées par une formulation précise, résumant l’esprit de ce qu’elles désignaient. Les expressions comme Titamfon, Mutngu, Mbansie, Nguri ; le lexique de l’épopée de la dynastie parsemée d’expressions nombreuses, Rifoum, Pamben, Pangouot, menjumdu, rien ne lui était méconnu. La preuve éclatante de cette conjugaison des cultures à l’aune de la recherche scientifique n’est elle pas le choix fait par Tardits de nommer ses deux fils par des noms du cru? Politique ensuite. La réhabilitation procédant d’une meilleure connaissance des chefferies traditionnelles de leur rôle et de leur fonction est une conséquence importante du travail accompli. Parce que nos jeunes Etats confrontés aux choix cornéliens de la République ou de la juxtaposition des communautés avaient besoin d’outils approfondis d’analyse, parce que la révélation de la dimension politique, des pratiques diplomatiques et des politiques économiques de la vie des royaumes plus particulièrement du royaume Bamoun dont les monarques avaient su consolider l’unité leur conférait une présomption de confiance dans la mise en œuvre de l’unité nationale, l’œuvre de Tardits, polysémique en filigrane, a constitué et le fera davantage, un outil incontournable.

Au niveau culturel, dans le sillage des grands spécialistes de l’art africain, l’œuvre de Tardits constitue une encyclopédie des formes artistiques, des styles, tendances et figures majeures de l’art Bamoun. Sa contribution globale à l’histoire de l’art camerounais par la mise en lumière des contextes d’émergence des formes artistiques, l’analyse de la symbolisation des masques est déterminante. La découverte de la singularité du dessin et de la peinture en pays Bamoun à travers l’intérêt pour le travail mené aux alentours des années 20-30 par Ibrahim Njoya qu’il n’hésitait pas à considérer comme un Léonard de Vinci local nous comble par sa portée. L’extraction des structures lignagères et la catégorisation des chants, danses et rituels qu’il a pu entreprendre pérennise notre patrimoine.

Sur le plan scientifique, enfin, au croisement des méthodes historiques, ethnologiques et sociologiques, le chercheur jetant son dévolu sur l’Afrique éternelle, a su avec rigueur, s’immergeant dans les contextes d’étude produire une œuvre utile pour l’avancée des connaissances et la résolution de questions pratiques. S’abreuvant de recherches antérieures, complétant des travaux, inspirant d’autres, l’œuvre de Tardits est un modèle pour les jeunes chercheurs.

Je ne saurai terminer cet hommage sans une fois de plus saluer la mémoire de ce grand homme, familier des colloques, conférences et débats, universitaire, auteur de nombreux ouvrages de référence et chercheur de renom et le remercier de l’intérêt inestimable qu’il a porté entre mille contrées et sujets de recherche à l’ancien Dahomey, au pays Bamiléké, au royaume Bamoun et à l’Afrique en général. En reposant en paix qu’il soit assuré de la pérennité de son œuvre dont nous vulgariserons jalousement les enseignements. L’institut des Beaux Arts de Foumban, la réflexion sur l’avenir et l’importance du pouvoir traditionnel, la revalorisation des langues locales, la vulgarisation culturelle auprès des jeunes générations, profiterons à coup sur de cette œuvre colossale.
Que sa famille, doublement éplorée par les décès à quelques semaines d’intervalle de Claudie et Claude Tardits, couple que nous avons affectueusement adopté, reçoive par ma voix le témoignage de toute la compassion du peuple Bamoun.


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Message de condoléances de l’Ambassadeur du Cameroun en France


Le Cameroun perd un ami. Un ami de la science. Un ami de la culture. Un ami des Beaux-Arts. La disparition de Claude TARDITS, n’est en effet pas uniquement le décès d’un chercheur acharné, préoccupé par la découverte, la compréhension et l’analyse rigoureuse de l’évolution des sociétés africaines, camerounaises en particulier. Elle est aussi celle d’un proche, un familier de nos chefs traditionnels, de l’Ouest Cameroun notamment, familier également de nombreuses familles, qui grâce à la mémoire tenace de leurs patriarches, à une collaboration fructueuse, et à un souci partagé de conservation et de valorisation du patrimoine, ont adopté le scientifique en quête de savoir, mais aussi l’homme soucieux d’ouverture et de rencontre.


C’est donc avec tristesse que nous avons appris, ainsi que l’ensemble de la communauté scientifique et universitaire camerounaise, la disparition de ce continuateur de la grande tradition ethnologique française, africaniste reconnu, figurant parmi les spécialistes les plus écoutés des peuples et terroirs du Cameroun et de l’Afrique en général. L’Ambassade du Cameroun tient ainsi à exprimer sa compassion, ses vives et sincères condoléances à toux ceux éplorés par la disparition de Claude TARDITS, sa famille, ses collègues, la communauté camerounaise de l’Ouest Cameroun, Bamiléké et Bamoun, dont les travaux du défunt valorisent amplement la culture, les prodiges et interroge avec compétence les divers contours et caractéristiques.

Lieu de recueillement, cette cérémonie est le signe de la reconnaissance des Camerounais à l’œuvre de Claude TARDITS. N’est-elle pas celle qui a ouvert la voie à une approche plus comparatiste des monarchies par l’acharnement du chercheur à démontrer l’universalité et les spécificités des phénomènes et structures politiques ? N’a-t-elle pas posé les jalons d’une anthropologie politique plus attentive aux systèmes lignagers dans leur relation avec la structuration étatique des royaumes ? Cette œuvre par sa densité, ses problématiques iconoclastes, ses hypothèses pertinentes reste une référence incontournable pour une connaissance de nos sociétés.

Mesdames, Messieurs, au delà d’un hommage, cette cérémonie fait écho à des préoccupations essentielles de notre système éducatif et universitaire, de même qu’elle recoupe pleinement les objectifs et les espoirs placés en notre recherche scientifique. Depuis quelques années en effet, des efforts en matière pédagogique sont faits, des lois d’orientation sont votées et adoptées, des initiatives sont prises, afin d’intégrer pleinement la connaissance des sociétés africaines ancestrales, précoloniales et anciennes dans les programmes.

La contribution de travaux de recherche comme la thèse sur « Le Royaume Bamoun » de Claude TARDITS et de travaux antérieurs ou subséquents sur les populations Bamiléké et Tikar, celles du Nord Cameroun et de l’Adamaoua, et l’histoire des civilisations du Cameroun est décisive. Ils représentent un point d’appui, un socle et un vecteur à partir duquel les sciences humaines peuvent connaître un renouveau. Ce d’autant que cette œuvre par ses aspects contemporains constitués de travaux sur l’évolution des sociétés, le tribalisme , la formation des Etats, le développement de l’enseignement supérieur et la formation des élites, s’inscrit dans une perspective dynamique refusant de figer les sociétés africaines, postulant plutôt une confrontation du passé au présent, projetant les bases du futur. S’inspirant et s’abreuvant d’une bibliographie abondante, le travail réalisé par Claude TARDITS servira sans doute les ambitions de nos jeunes chercheurs dans des domaines variés, car l’interdisciplinarité qu ‘elle implique suppose que des aspects comme l’ histoire de l’art, les modes de vie, les classes et la stratification sociale, l’approche comparative des formations sociales africaines, la communication, les formes de légitimation politique soient systématiquement et rigoureusement entrevus.

Que souhaiter de plus que la mémoire de Claude TARDITS soit honorée par ces témoignages de reconnaissance, mieux par ces perspectives qu’offre son œuvre. C’est le moindre des présents pour l’universitaire, qui a ouvert les vannes de la recherche ethnologique à l’Université fédérale du Cameroun au début des années 60, l’aventurier de la science qui a côtoyé pendant une dizaine d’années les populations de l’Ouest, arpentant montagnes, dévalant pentes et collines en quête de culture et de connaissance, le voyageur infatigable en Afrique.

Le Cameroun, par ma voix, saura toujours se souvenir de ce parcours, de cette œuvre, qui s’inscrira dans notre quête d’une meilleure connaissance de notre passé, d’une amélioration de notre enseignement supérieur et de notre recherche scientifique.


Je vous remercie de votre attention

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EN MÉMOIRE DE CLAUDE TARDITS (1921-2007)

par Philippe LABURTHE-TOLRA
président de la Société des Africanistes


Le professeur Claude TARDITS vient de s’éteindre à l’âge de 86 ans, au terme d’une existence exceptionnelle due à sa forte personnalité, et qui abandonne à la mélancolie des souvenirs ses amis et élèves, au nombre desquels l’auteur de ces lignes s’honore de compter.

Claude Tardits naît à Paris le 21 avril 1921. Ses parents tiennent un salon de coiffure renommé dans le milieu artiste et cultivé. Élevé en Normandie par ses grands-parents et en internat, le lycéen Claude est envoyé chaque été en Angleterre pour en maîtriser la langue.

Atteint de tuberculose, il doit passer son bac dans un sanatorium, mais sa santé se rétablit parfaitement. Il devient bon sportif et est reçu à HEC en 1940. Il en obtient le diplôme, ainsi qu’un titre en droit, en 1943.
Entré sous l’Occupation dans le Réseau Libération-Vengeance, il participe en juin 1943 au sauvetage d’un équipage américain échappé d’une forteresse volante abattue, ce qui lui vaudra plus tard une lettre officielle de remerciement de la part des Etats-Unis. Il tente alors de quitter la France.

Refoulé du côté de l’Espagne, il franchit les Alpes en simple short dans le but de rejoindre les Alliés en Italie. Il se cache avec succès dans les couvents. Il est incarcéré un soir sur dénonciation aux Italiens, mais l’un des policiers lui ouvre la porte au petit matin en disant : « Sauve-toi vite avant que les Allemands arrivent ! » Dans le train pour Rome, son voisin devine qu’il est Français. « Professeur spécialiste de Stendhal, j’aime la France : descendez avant Rome où la police allemande fouille le train à l’arrivée. »

Il traverse les lignes, retrouve les forces alliées et s’engage pour la guerre comme aviateur dans l’armée de l’air américaine, où il est affecté aux bombardiers B 26, car sa vue n’est pas assez bonne pour la chasse. Il sert aussi d’interprète. Il risque sa vie au cours de nombreux vols. C’est dans l’aviation, en Algérie, qu’il rencontre le sculpteur Pierre Meauzé, épris d’art nègre ; celui-ci lui transmet sa passion pour l’Afrique.
Claude fait comme officier les campagnes de France et d’Allemagne.
Plusieurs fois blessé, notamment dans un crash de son appareil, il reçoit des distinctions militaires, médaille d’honneur de l’armée de l’air américaine, médaille des évadés, du combattant, déclaration de reconnaissance de la nation française, Croix de Guerre.

Par hasard, après la Libération, il rencontre à Paris Jean Lurçat, peintre surréaliste passé à l’art de la tapisserie, dont il devient grand ami. Directeur commercial chez l’horloger Lip, il y réussit brillamment. Il vend des montres pendant trois ans. Cependant, il abandonne sans regret les affaires pour passer en 1949 en Sorbonne sa licence ès Lettres, qu’il complète en 1950 par le diplôme du C.F.R.E. (Centre de formations à la recherche ethnologique de la Sorbonne et du Musée de l’Homme). Il voudrait réaliser son rêve : devenir ethnologue.

Son professeur, Lévi-Strauss, lui conseille alors d’aller se former aux Etats-Unis, où son passé lui vaudra des facilités. Il s’inscrit donc pour 1950-51 à la Northwestern University d’Evanston, l’année suivante à l’Université de Chicago (où il noue une grande amitié avec le regretté Eric de Dampierre), et en 1953-54 il termine à la Columbia University de New-York. Pour payer ses études, il enchaîne les « petits boulots », nettoyeur de cages à rats dans un laboratoire, guide, et surtout interprète. C’est alors qu’il rencontre au Mexique une jeune artiste belge vivant aussi de son don d’interprète, Claudie Hauferlin, qu’il épouse sans cérémonie à New-York, en blue-jeans, mariage fêté par un simple dîner dans un bar, en compagnie des deux témoins.
Au retour en France, en 1954, il décroche tout de suite un poste de chercheur au CNRS et part enfin en Afrique, pour deux ans à Porto-Novo, au Dahomey (devenu depuis République du Bénin), où il étudie les droits fonciers dans la palmeraie pour l’ORSTOM, les changements sociaux et le devenir des élites scolarisés pour l’UNESCO.
En 1957, il obtient de retourner sur le terrain, cette fois-ci au Cameroun, où l’intéresse le dynamisme économique du pays dit « bamiléké ». Il fait halte à Bafoussam, mais il ne peut supporter les méthodes musclées utilisées là par certains Français contre l’insurrection de l’U.P.C. dont les partisans exigent l’indépendance immédiate de leur pays. Claude constate qu’en revanche la paix règne chez les Bamoun voisins, ; c’est pourquoi il va s’installer avec sa famille à Foumban, la capitale de ce royaume, dont il apprend la langue et dont il gagne la confiance, notamment celle de son sultan, Seydou. Il en résultera vingt années de travail, et l’édition de sa monumentale thèse de doctorat d’État, le Royaume Bamoun, brillamment soutenue en 1978, et où il reconstitue chacun des grands lignages ainsi que l’histoire mouvementée de ce royaume depuis son origine, montrant ainsi contre la théorie régnante que la parenté peut contribuer à l’édification d’un société étatique.
En 1962 est prévue l’ouverture de l’Université Fédérale du Cameroun, et Claude Tardits, est consulté par le Cameroun et la France pour participer à cette fondation en vertu de son expérience pratique, juridique, universitaire et anthropologique. Il y crée un pôle africaniste, sous la forme d’un bâtiment décoré par des artistes camerounais et qui regroupe histoire, géographie, linguistique et anthropologie. Il se fait apprécier au point d’être chargé en 1964 par le Ministère français de la Coopération d’étudier la situation de l’enseignement des sciences humaines dans les universités de Dakar (Sénégal), Abidjan (Côte d’Ivoire), Brazzaville (Congo) et Tananarive (Madagascar). En 1967, il recevra à Yaoundé le jeune Claude Hagège, soucieux d’ajouter une langue africaine (le tikar) à la panoplie de ses connaissances.
En 1964, Tardits est aussi élu Directeur d’études à l’EPHE, - École Pratique des Hautes Études -, dans la 5° section, celle des sciences religieuses où, il restera 25 ans, jusqu’à sa retraite, se révélant un maître très exigeant pour tous comme pour lui-même et un pédagogue hors-pair, en particulier par la clarté lumineuse de ses exposés sur la parenté et en anthropologie politique. Il reste également chef du Département de Sociologie à l’Université du Cameroun jusqu’en 1969. Il devient Président de cette 5° Section de 1975 à 1979, et Administrateur général de l’EPHE de 1983 à 1989 où, montrant la même rigueur que dans ses exigences scientifiques, il mettra terme à certains abus de crédits.
En 1973, il organise avec envergure un colloque international à Paris, sur la contribution de la recherche ethnologique à l’histoire des populations du Cameroun, qui démontre la nécessité de ce genre d’enquête pour l’histoire africaine. Il est membre de la commission nationale pour l’UNESCO de 1987 à 1991. Il recevra en fin de carrière des mains de Jean-Pierre Vernant une croix de la Légion d’Honneur bien méritée. Lui succédera à l’E.P.H.E. le profond anthropologue social Alfred Adler.
En sa riche année 1964, Tardits a fondé, en tant que Secrétaire général, avec Leiris, Rouget et Dampierre, la collection « Classiques africains » destinée à recueillir en transcription phonétique les chefs-d’œuvre de la littérature orale vernaculaire, et à les accompagner d’une traduction française aussi exacte que possible. 25 volumes sont ainsi publiés.

Il est sollicité pour donner des cours à l’Ecole Polytechnique à Paris, mais aussi au Canada (Université Laval), aux Etats-Unis (Wellesley College), etc.. De 1993 à 2001, il assure à l’Université francophone Senghor d’Alexandrie, dans le département du patrimoine, pour des étudiants avancés majoritairement Africains, un cours fondamental d’ethnologie. On ne lui a pas trouvé de digne successeur.

Il a publié de nombreux articles et ouvrages en collaboration. Il est significatif que sa dernière production strictement individuelle, publiée en 2002, porte sur l’art bamoun, l’une de ses originalités étant sa sensibilité à la dimension esthétique des objets et des êtres. Il apporte donc dès son ouverture un soutien actif au Musée Dapper et à sa directrice Mme Falgayrettes-Leveau, dont les expositions savent révéler toute la splendeur de l’art africain au public parisien.
Il restera inséparable pour ses amis de son épouse Claudie, artiste profondément originale, créatrice d’étonnants appliqués en tissus, femme accueillante et chaleureuse, qui savait réconforter ceux qu’inquiétaient, malgré leur pertinence et leur ironie, les critiques de son mari. - Dans les derniers mois de sa vie, Claude Tardits avait perdu la parole. Ses derniers signes de reconnaissance furent pour le roi actuel des Bamoun, le sultan Mbombo Njoya, qui vint lui rendre visite à l’hôpital lors d’un passage en France.
Chaque jour, Claudie venait lui prendre les mains dans les siennes, et alors, disait-elle, le regard de son mari lui parlait. Le 5 avril 2007, Claudie, qui vivait seule, fut victime chez elle d’un coma diabétique mortel. Au bout de quatre semaines, le 1° mai 2007, Claude se laissa glisser hors de cette existence.
L’éloignement de l’un de ses deux fils contraignit à remettre son enterrement au 28 mai. L’inhumation eut lieu le matin sous la pluie au nouveau cimetière de Boulogne, en présence de nombreuses personnalités intellectuelles, dont Philippe Descola, administrateur du Collège de France, Alain Touraine, Jean Cuisenier, et de nombreux Africains et Africanistes, dont Geneviève Calame-Griaule qui fit un éloge remarqué. Le soir, à partir de 18 heures 30, eut lieu au Musée Dapper un sobre et riche hommage à Claude Tardits en présence de sa famille et d’un public nombreux, avec l’appui de l’ambassade du Cameroun, à l’instigation de l’association des Bamoun de Paris, dont l’un des membres, le journaliste Abdelaziz Moundé, organisa le déroulement avec une exceptionnelle maîtrise.


Témoignage de Claude Hélène PERROT


1. Dix années de travail de terrain à Foumban, de 1959 à 1969.après le Dahomey, après le pays bamiléké
Pas de sélection dans les domaines explorés. Tous les champs de recherche sont objets d’investigation
Aucun n’est exclu
Claude Tardits portait une égale attention à des domaines très divers, à
La langue, instrument incontournable
La démographie, comment les conquêtes ont gonflé les effectifs de la population, et comment ces surplus ont été « installés »
Le foncier, l’appropriation du sol
L’économie, les changements intervenus dans les pratiques agricoles. (Avant le pays bamum, il y eut les palmiers à huile du Dahomey)
L’art,
bien avant ce livre, l’art singulier des Bamum , de 2004 : son dernier livre :, auquel il s’est entièrement consacré pendant ses dernières bonnes années.
il y eut dès 1967 à Yaoundé une exposition sur « les chefs d’œuvre de l’art camerounais »
et l’œuvre du grand artiste Ibrahim Njoya, dont il a analysé l’œuvre picturale
l’architecture, à commencer par le palais, la géographie de la ville, qui est née du palais, disait-il, née bien avant la colonisation
et puis la littérature à commencer par la célèbre Histoire du sultan Njoya, qui a réalisé le passage de l’oral à l’écrit
Pas de compartimentage entre ces différents secteurs.
Il s’agit donc d’une approche globale. parce qu’elle est indispensable à l’intelligence de l’ensemble et pour une autre raison aussi :les hasards de l’histoire ont fait qu’il se trouve à Foumban à un moment charnière comme se sont trouvés plusieurs chercheurs de ma génération, moi aussi, en d’autres lieux , dans d’autres royaumes : un moment charnière où le passé antérieur était accessible, engrangé, selon un certain mode, particulier, dans les mémoires. Ce fut à nous étrangers que revint le privilège de l’étudier. Car il n’y avait que nous : le temps des chercheurs nationaux allait venir plus tard. Nous avons été le trait d’union entre la génération des savants détenteurs de traditions de l’époque et la jeune génération d’aujourd’hui Un héritage est passé à travers nous. Claude Tardits était conscient de cette transmission à effectuer et de la responsabilité qui en découlait. Il fallait de cet héritage en dire et en transmettre le plus qu’il était possible

2. Les données étant collectées et analysées avec la plus grande rigueur, il les soumettait à
ses propres questionnements de chercheur
Un thème majeur dont, ce grand ouvrage, le Royaume Bamum peut être vu comme une démonstration (et qui d’ailleurs souleva des discussions parmi nous) : l’Etat et le lignage, autrement dit les relations entre le politique et la parenté. Il souligne l’importance des lignages dans la construction étatique, comme si l’existence des lignages au sein de l’Etat n’avait pas été suffisamment prise en compte. et surtout que l’opposition entre société à Etat et société à lignages (société segmentaire) n’était pas entièrement fondée. Son enseignement à l’Ecole Pratique EPHE en 1988/1989 avait pour titre « Parenté et politique en Afrique : les briques de l’Etat, (c’est-à-dire les lignages).
Autres thèmes : histoire de l’occupation de l’espace :
la place des princes et celle des serviteurs, comment s’inscrit-elle dans l’espace ? dans le foncier ?
Au sujet du foncier, l’importance majeure que Claude Tardits a donnée au traitement cartographique des données collectées : la carte une fois établie, de nouvelles leçons se dégagent, non perçues jusque là. Une méthode exemplaire, très coûteuse en temps et en efforts, mais combien féconde.

Ce que je voudrais souligner maintenant, et qui ressort de ce qui vient d’être dit, c’est le lien établi en continu entre anthropologie et histoire, à une époque où sévissaient les excès du structuralisme, d’un comparatisme a-temporel, hors du temps
Il ne s’est pas agi pour C.T. de faire le point en 3 chapitres de l’histoire des Bamum, pour passer ensuite à la description d’une société, sorte d’arrêt sur image, non l’histoire est présente d’un bout à l’autre de ce grand ouvrage
en historien il a pratiqué la pluralité des sources : archives, traditions orales, iconographie

Enfin l’intérêt pour le contemporain. sur l’actualité vécue. Contrairement à certains chercheurs spécialistes du contemporain, qui parfois isolent arbitrairement le présent du passé, il n’y avait pas de césure. Il s’intéressait au devenir des populations de Foumbam, de la région de Foumban et des Camerounais. Il n’a d’ailleurs jamais voulu écrire une histoire ethniste, celle des Bamum en tant que tels, mais une contribution à l’histoire régionale du Cameroun. Il a fortement insisté sur ce point.
L’ exceptionnelle amitié qui le liait au sultan El Hadj Njimoluh Seidou, fils de Njoya, était aussi l’un de ses liens avec l’actualité du temps,
comment s’effectuait la confrontation avec la modernité.

D’où son admiration pour le sultan Njoya, dont l’échec n’est qu’apparence. arrêté en 1931, transféré à Yaoundé, mort en résidence forcée 30 mai 1933. Un des titres de C. T. :« les malheurs de l’intelligence » ,
un des objectifs de Claude Tardits : tracer le portrait du sultan Njoya : démontrer qu’: il n’a été « ni (je cite) un vassal fidèle et loyal comme l’ont cru les Allemands, ni le despote orgueilleux et versatile qu’ont vu en lui les Français… [Attaché à son héritage politique et culturel], il chercha à doter son peuple de techniques, d’usages, voire de croyances auxquels les Peul et les Blancs devaient leur puissance, il réussit à relever momentanément les défis devant lesquels le mit l’histoire …. préserver l’unité du pays, le mettre à l’abri des guerres qui opposaient les Européens » (les retombées en Afrique de la 1ère guerre mondiale).

Message reçu 10 sur10 par la jeune génération à laquelle nous devons la rencontre de ce soir,
merci aussi à Mme Falgayrette qui nous donne l’hospitalité.



Message de clôture Par Roger MBOMIKO


Journée mémorable. Matinée de recueillement. Soirée de reconnaissance. Claude TARDITS ne sera pas un homme oublié, comme pour rejoindre Kant, nous dirons tout simplement que son « œuvre, une part de lui » survivra à son illustre personne.
Cette œuvre, reconnue, soutenue, par ses pairs, dont les critiques et les controverses n’ont guère entamé la pertinence.
Cette œuvre éclectique, dont la colonne vertébrale reste le travail acharné pour ouvrir les portes de l’anthropologie politique à des civilisations, des cultures politiques lointaines jadis recluses et confinées au rang de curiosités exotiques.
Cette œuvre encore qui reste nourricière pour l’intelligentsia africaine au delà du giron camerounais. Suffisamment éloquente pour inspirer des vocations, générer des thèmes de recherche, susciter l’émulation des jeunes chercheurs d’Afrique dont le défi est de prolonger, enrichir, compléter le travail des africanistes par des perspectives diverses et variées. Car répondant à des critiques de son travail monumental sur le Royaume Bamoun, on l’a évoqué tout à l’heure, Claude TARDITS avait coutume de dire qu’un sillon était creusé et qu’il appartenait à d’autres chercheurs de donner plus de consistance théorique et de pertinence à des thèmes inexplorés ou simplement évoqués dans ses travaux ;
Ce mation, nous avons célébré, un héros français, coix de guerre, vétéran de la seconde guerre mondiale. Nous avons aussi mesuré la dimension du personnage, à la trajectoire atypique, originale aux passions multiples : diplomé d’HEC se découvrant une vocation d’ethnologue manière de réaliser de vieux rêves de jeune, dont le bref et enrichissant parcours de cadre d’entreprise comme l’a admirablement évoqué Geneviève Calame Griaule, ce matin au cimetière de Boulogne, n’est pas le moindre des jalons fascinants.

Il s’en allé, comme Claudie, sa tendre et chère épouse, amis des Bamouns, routards infatigables, chercheurs obsédés par l’ouverture et la découverte, amis du Cameroun. Par un culte à la connaissance méthodique de l’Afrique, par cet acharnement à réconcilier l’esthétique, l’exotique, le politique et le critique dans une contribution décisive à l’histoire de l’Art africain, armé de ses bases théoriques, forgé au bronze du pragmatisme anglo-saxon, Les Bamoum, l’Ouest Cameroun, Le Cameroun reconnaîtront éternellement ton apport.

Fiers de ta trajectoire, nous allons avec prétention écorner Hampaté Ba, en disant désormais « Pour l’Afrique, un vieillard meurt et c’est une bibliothèque qui brille ».

Merci à tous ceux qui ont accepté notre invitation , les Ambassades du Cameroun et du Bénin, la communauté camerounaise dans ses composantes Bamiléké et Bamoun. Merci à tous ceux qui ont activement participé à l’organisation de cette cérémonie, la société des Africanistes, le Musée Dapper, la communauté bamoun de France, Alain et Emmanuel TARDITS et tous les amis de l’illustre défunt.


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