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SYMBOLES ET ARMOIRIES

 
Des rumeurs malveillantes ont accrédité l’idée que les Bamoun sont représentés par le symbole du serpent à deux têtes parce qu’ils sont particulièrement faux et tiennent le double langage. On ignore la source exacte de cette explication qui, sérieuse




ORIGINE ET SIGNIFICATION DU SERPENT BICEPHALE BAMOUN

Des rumeurs malveillantes ont accrédité l’idée que les Bamoun sont représentés par le symbole du serpent à deux têtes parce qu’ils sont particulièrement faux et tiennent le double langage. On ignore la source exacte de cette explication qui, sérieusement, ernit l’image de marque du peuple Bamoun. Il faut dire que certains Bamoun peuvent avoir contribué à rependre cette explication fallacieuse du symbole du serpent bicéphale.

Certes, les traditionalistes locaux se sont efforcés de rétablir la vérité depuis des années. Des intellectuels comme Tita Isaac PA’Re ont aussi tenté de restituer l’origine exacte du symbole du serpent bicéphale.

Nous allons retracer l’origine du serpent Bamoun une fois de plus pour nos lecteurs.

En effet, le serpent bicéphale trouve naissance de la guerre de MAPOU qui a lieu vers le début du XIX siècle entre le roi MBUEMBUE d’une part et les POU de l’autre qui occupaient toute la zone située entre le centre commercial de Malentuen et la rive droite du fleuve Mbam jusqu’à Ripa dans la région qui ferait face à la ville dite Ngambé Tikar.

Les Bamoun se battaient contre les POU depuis quelques années. Mais ceux-ci résistaient farouchement. De plus, ils disposaient d’un monstre effrayant conçu pour semer la terreur dans le camp adverse chaque fois que ces envahisseurs acculaient les autochtones dans leur dernier retranchement. Le monstre était appelé Sânumpût (haut jusqu’à mordre le ciel). Comme son nom l’indique, il s’agissait d’un reptile artificiel géant qu’on utilisait de telle sorte qu’il passait la tête au delà des branches pour descendre menacer les guerriers Bamoun.

Comme on peut l’imaginer, la bête des POU les sauva d’une débâcle à plusieurs reprises. Mais un jour, MANCHOU, le serviteur du roi de MAPOU qui avait conçu l’engin infernal fut sévèrement réprimandé par son roi à cause d’une vague histoire de repas au palais.

MANCHOU, vexé et brisé dans son amour propre fit défection et passa un jour dans sans le camp du roi MBUEMBUE a qui il dévoila le secret du Sânumpût et lui fit la démonstration devant les guerriers au palais de Foumban.

L’année suivante, quand les pluies cessèrent, le Roi MBUEMBUE repris sa campagne contre les MAPOU. Cette fois-ci aucun attaquant Bamoun ne recula quand on sortit le Sânumpût. Les POU furent vaincus. Comme récompense, MANCHOU devint un grand notable du palais Bamoun. Le roi MBUEMBUE l’installa au quartier MANKA’ a quelques cent mètres de l’actuel site de l’hôtel Beauregard. Chaque fois que le roi nomme un nouveau Tupânka, chef de l’armée traditionnelle, c’est chez MANCHOU qu’on le conduit pour faire la fête et offrir un grand festin à la population. Le nom de MANCHOU fut aussi introduit dans la musique de guerre dite MBANSIE dont les cloches" parlent" en ces termes MANCHOU fée Nguon ne ? MANCHOU de la campagne".



Au moment où les MAPOU étaient sur le point de perdre cette guerre, on vint annoncer au roi MBUEMBUE que d’autres peuples l’avaient attaqué sur la frontière Ouest au bord du NOUN. Il s’agissait des Mgbètnka’ appuyés par les Mère. Le roi envoya un contingent de ce côté-là pour stabiliser la situation. Quand in battit le roi Pou qui traversa le Mbam dans une pirogue pour s’installer au delà de la rive gauche, le Roi se porta sur les bords du Noun avec le gros des forces et il battit l’alliance Mgbetnka et Mère. Ceci donna naissance au proverbe Bamoun qui dit Mgbétnka ka fè nzâ Mère" (les deux peuples qui furent vaincu)"

C’est à la suite de cette double victoire que le roi Mbuembue eut l’idée de célébrer son triomphe par un symbole qui représenterait sa double victoire.

Nous pensons que le monstre reptile de Sânumpût inspira l’idée d’un serpent bicéphale plutôt que d’un lion ou d ‘une panthère à deux têtes.

On sculpta désormais ce symbole sur les lits, les sièges et d’autres objets royaux exclusivement. A notre avis ce serpent n’était initialement que le symbole d’une seule personne, le roi des Bamoun et non de toute la population. Par ailleurs, si quelqu’un d’autre s’amuse à porter ce symbole sur une de ses objets il courait le risque d’être condamné à mort.

Le serpent bicéphale est le symbole de la double puissance du roi MBUEMBUE. Toute autre interprétation de ce signe est fausse et mal venue.


SA. Dr NJIASSE NJOYA




LE NKINDI



Le ‘’ NKINDI ‘’ est un grand tambour d’appel de forme cylindrique. Il a une envergure de 6 mètres et un diamètre de 1,50 m. environ.

Lorsque le roi fait frapper le NKINDI, c’est convoquer ses sujets pour leur dire de se préparer pour la campagne armée. Les gens prévoient des produits qu’il consommeront au cours de la guerre : farine de maïs, bananes séchées (mbîguom) et pâtes de toutes sortes.

Il n’existe qu’un seul NKINDI dans le royaume bamoun. Ce sont des enfants qui jouent de ce tambour avec des pierres.

Huit jeunes gens désignés frappent ce tambour avant le lever du jour. Les guerriers affluent vers le palais dès qu’ils entendent l’appel du NKINDI et ils se massent par quartier en un grand arc de cercle autour de l’entrée principale du palais pour attendre le roi. Celui-ci sort plus tard, suivi par de nombreux guerriers armés jusqu’aux dents. Les prix reines dites’’ NEH MGBIEFON ‘’ cheftaines du harem – se tiennent aux côtés du roi selon leur origine géographique (les trois Reines habitant l’aile Nord du palais à la gauche du roi et les trois de l’aile sud à la droite du souverain).

La cloche de guerre ‘’ MUNJEMDU ‘’ est portée devant le roi par un notable. Lorsque le roi sort du palais, les troupes des 8 quartiers de Foumban viennent à tour de rôle lui présenter les armes dans l’ordre suivant :

1- Quartier NUIYOUOM
2- Quartier MANKA
3- Quartier MFENTAIN
4- Quartier MAMBEN
5- Quartier NJINKA
6- Quartier NJINTUT
7- Quartier NKOUNGA
8- Quartier NJISSE


Après la revue des troupes, le roi entonne le chant de guerre puis il sonne le cloche ‘’MUNJEMDU’’. Les guerriers poussent des cris et heurtent leurs machettes pour mimer le combat. Il arrive aussi que le même jour les bamoum chantent aussi ‘’NGU PA MBAM’’ (NGU des gens de NDITAM), leurs frères partis de RIFUM en même temps que le fondateur du royaume bamoum.





L’ECRITURE ‘’SHÜ-MOM’’ DES BAMOUN



Entre Culture et Mythe Incontestablement, l’écriture Shü-mom demeure la manifestation la plus éclatante et la plus extraordinaire de la culture Bamoun.

En effet, et bien que jalonnée de nombreux symboles forts, l’Histoire du peuple Bamoun a, grâce à l’écriture inventée par le roi Njoya, acquis une aura et éclat qui en font l’une des plus vivantes et des plus prestigieuses de l’histoire de notre pays.

En réalité, le Roi Njoya avait voulu ériger la culture Bamoun en une donnée qui s’impose par elle-même avec la force de ses réalisations et qui, au-delà de l’espace et par-delà le temps, s’illustre comme élément de la civilisation universelle. L’écriture qu’il a inventée allait s’avérer être une des manifestations majeures de sa grande générosité intellectuelle.

De ce point de vue, Njoya, incontestablement, fut un grand homme, affichant à la face du monde, son intelligence et sa grande créativité.

De ce fait, ce qui impressionnait le plus chez Njoya, c’était son imagination fertile. Son propre système d’écriture qui avait pris naissance avant l’arrivée des Allemands, fit d’autant plus de sensation que l’on ne connaissait, au Sud du Sahara, que très peu de peuples ayant conçu un système approchant.

On doit à Bernard Struck le témoignage ci-après paru en 1908 dans le Journal Globus : ‘’Njoya fut sans doute un des Africains de l’Ouest les plus intelligents et les plus énergiques ; de même, son écriture qu’il a inventée symbolise-t-elle l’évolution spirituelle du pays Bamoun’’.

Pareil hommage, de la bouche de l’autorité coloniale, d’ordinaire peu incliner à unetelle éloge pour les valeurs culturelles des peuples dominés, ne peut que conforter dans l’idée de la grandeur de l’œuvre de Njoya.

C’est dire également combien cette invention fut accueillie en son temps comme un événement culturel majeur, dont la contribution fut d’un rapport hautement significatif et positif à l’avènement de la civilisation universelle.

Ici, l’écriture cesse d’être culture. Elle devient mythe, à la fois comme mode d’organisation de la société ; ensuite comme moyen de communication, voire de communion ; enfin comme facteur vital de pérennisation des modèles culturels et philosophiques propres au peuple Bamoun.

Dans sa fonction éducative et pédagogique, l’écriture s’impose comme socle unificateur d’une société Bamoun, en quête d’une identité, tiraillée entre l’influence de la culture originaire Tikar, et les apports des coutumes locales d’emprunt héritées des populations soumises.

Le Shü-mon se place donc entre culture et mythe.

Culture d’un peuple à la recherche d’un mythe ; mythe d’un homme fidèle à une culture et à son peuple, et, tout entier engagé à la promotion d’un idéal inspiré des pures traditions du terroir.

Telle fut l’œuvre de Njoya, Roi créateur d’un devenir, et même d’un avenir pour les seins.


ET SI LE SHÛ– MOM SORTAIT DU MUSEE…


Pour répondre à cette préoccupation, il faut d’abord connaître ce qu’est le Shü Mom, sa genèse, son évolution, pourquoi il est entré au musée, quels efforts ont déjà été fournis pour l’y sortir. Malgré ces efforts, pourquoi reste t-il dans le Musée et quelle stratégie faut il finalement adopter ?
Le Shü-Mom est à la fois une écriture et une langue inventée par le roi NJOYA en 1896. D’abord une écriture pour conserver l’histoire, les cultures, les us et coutumes de son royaume qui perdaient progressivement sa substance initiale par le système de tradition orale. Une langue pour tenter de substituer le ‘’Shü-Pamben’’ langue du peuple Mbèn conquit en 1394 par le roi NCHARE YEN, fondateur de la dynastie.
Le roi Njoya se dit continuer à utiliser cette langue serait rester sous la domination linguistique d’un peuple qui pourtant a été militairement ou diplomatiquement soumis.
Créer une langue en substitution du Shü Pamben serait donc enfin une victoire ou une autonomie linguistique et une soumission totale du peuple Mbèn ; voilà les motivations de la création de la langue Shü - Mom par le roi NJOYA.
En 1896, le roi NJOYA met sur pied un système d’alphabet composé de 510 signes qui sont des pictogrammes ( sorte de dessins significatifs qui pourraient soit dire un mot ou une expression). Quelques années après NJOYA entreprend une série de signification de son alphabet. Passant à 70 signes composés de 5 voyelles et des phonèmes syllabiques.
Il faut rappeler que ces phénomènes étaient obtenus sur la base de la langue Shü - pambèn et du Shü – Mom, lorsque le Roi a eu contact avec les autres langues étrangères. Les phénomènes de son alphabet était devenu insuffisant pour faire de son écriture une écriture universelle. C’est alors qu’il continua à analyser et à étudier son système d’écriture. Il a donc jeté la base d’une grammaire qui devrait lui permettre d’obtenir d’autres phonèmes et représenter des sons nouvellement découverts dans d’autres langues. Cette base de grammaire comporte tous les éléments qui peuvent permettre à toutes les générations de développer l’écriture au fur et à mesure qu’elles sont en contact avec de nouvelles langues et qui présentent des sons nouveaux.
La plupart des langues africaines sont des langues à ton. La grammaire de Njoya tient compte de tout cela. Des accents et des signes ont été crées pour marquer les différentes intonations
( Haut, bas modulé haut-bas, modulé bas-haut etc.…). Sans hésitation, nous pouvons confirmer que cette écriture est scientifique.
La langue Shü-Mom quant à elle a été à un certain moment donnée vivante et utilisée par une grande partie de la population entre 1912 et 1914. Njoya avait donc créé sur l’étendu du royaume 48 écoles et avait amorcé une espèce de colonisation en instaurant d’autres écoles dans les régions Bamilékés avec une inspection scolaire à Ban dans le Haut-Nkam. C’est cette sorte de colonisation qui, à partir de 1920 commence à inquiéter l’administration coloniale Française. Aussi faut-il savoir que l’action coloniale qui passait par les écoles était un peu compromise par celle de Njoya, au détriment des écoles françaises. L’administration française ferma donc les portes à toutes les écoles de Njoya et interdit l’enseignement du Shü –Mom sur toute l’étendue du territoire. Voilà comment le Shü Mom est entré dans le musée.
Le roi Njoya meurt en 1933.Son successeur le Sultan NJIMOLUH NJOYA Seidou ne croise pas les bras. Il fera enseigner clandestinement le Shü-Mom dans l’enceinte du palais royal aux notables, aux princes et aux serviteurs.
En 1978, un groupe d’élèves du Lycée de Foumban contactera le Sultan et manifestera son désir d’apprendre le Shü-Mom. Une conférence fut organisée à cet effet et a donné naissance à une association post et périscolaire dénommée Club Shü-Mom dont le but principal était l’apprentissage et la vulgarisation de l’écriture et de la langue Shü-Mom.Le Club a bien fonctionné jusqu’à la mort du Sultan NJIMOLUH Séidou.
A travers ce Club, un certain nombre de jeunes parmi les quels l’actuel Directeur de l’Ecole a été formé. Le véritable problème actuellement est celui de la continuité. Tous ceux qui viennent apprendre le Shü-Mom ( membre du Club Shü-Mom ) sont des élèves.
Après l’obtention du Baccalauréat, ils quittent la ville L’on ne sait plus ce qu’ils deviennent à Yaoundé, à Douala ou ailleurs. Ceux parmi eux qui ont tenté d’instaurer l’enseignement du Shü-Mom au sein de la communauté Bamoun de leur ville se plaignent de ne rencontrer le soutien de personne.
S.M le Sultan Ibrahim MBOMBO NJOYA a le souci de réhabiliter l’écriture. Déjà il a construit un bâtiment ultramoderne qui sert d’école de Shü-Mom. Il reste à intéresser les Bamoun à cela. En suite, il amorcé des démarches pour avoir une autorisation d’enseigner le Shü-Mom dans les écoles Si cette autorisation est acquise, le Shü-Mom sera t-il enseigné dans les écoles et par quI? Le problème très urgent actuellement est celui de la formation des formateurs.
La Direction de l’école Shü-Mom propose donc dans un premier temps que chaque village du Noun envoie deux à trois personnes en formation à la maison de la culture du Palais des roi Bamoun. Ces personnes après leur formation rentreront enseigner dans leurs villages respectifs.
Diverses propositions peut-être beaucoup plus concrètes sont faites à l’occasion des rencontres et échanges afin que tout le monde prenne conscience de cette grande richesse culturelle.


NCHARE Oumarou


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